brancher


brancher

brancher [ brɑ̃ʃe ] v. <conjug. : 1>
• 1510; de branche
I V. intr. ou pron. Se percher sur les branches d'un arbre. Le faisan, la perdrix branchent, se branchent pour dormir. II V. tr. (1863)
1Rattacher (un circuit secondaire) au réseau principal. connecter, relier. Brancher une lampe sur une prise. Brancher le téléphone, le gaz. Ellipt Brancher l'aspirateur, le fer à repasser.
Pronom. (pass.) L'appareil se branche sur la batterie.
2Faire fonctionner (un appareil électrique) en le branchant. allumer. Brancher un grille-pain, une radio, un haut-parleur.
3Fig. Orienter, diriger. Brancher la conversation sur tel sujet.
4Fam. Mettre au courant. Est-ce qu'il t'a branché ?
Intéresser, passionner. « Être au guichet jusqu'à la retraite, ça ne me branche pas » (L'Événement du jeudi, 1987). Ça te branche d'aller au ciné ? ça te tente ?

brancher verbe transitif (de branche) Réunir les deux parties d'une canalisation, d'une conduite, etc. Mettre l'eau, le gaz, l'électricité en état d'être utilisés en les reliant à la conduite d'alimentation principale. Connecter un appareil à la source d'énergie qui lui permet de fonctionner. Aiguiller quelqu'un, le diriger sur quelque chose, le mettre en contact avec quelqu'un : On m'a branché sur une affaire intéressante. Familier. Aiguiller quelqu'un sur un thème : Branche-le sur son sujet favori. Populaire. Intéresser quelqu'un, lui plaire au plus haut point : La moto, ça le branche. Populaire. Se sentir en harmonie avec quelqu'un, sympathiser : Ce type, il ne me branche pas.brancher (synonymes) verbe transitif (de branche) Aiguiller quelqu'un, le diriger sur quelque chose, le mettre en contact...
Synonymes :
brancher verbe intransitif se brancher verbe pronominal être branché verbe passif Percher, se percher sur une branche d'arbre (le plus souvent pour y passer la nuit) : Tuer un faisan branché.

brancher
v.
d1./d v. tr. Relier un circuit secondaire à un circuit principal. Brancher un fer à repasser.
|| v. Pron. Se brancher sur un émetteur, de façon à en recevoir les signaux, les émissions.
|| Fam. Brancher qqn sur qqn, sur une affaire, le mettre en contact avec, l'aiguiller sur.
d2./d v. intr. Percher sur les arbres. Les oiseaux branchent.
d3./d v. Pron. (Québec) Fig., Fam. Se décider. Oui ou non? Branche-toi!

⇒BRANCHER, verbe.
I.— Emplois vieillis, littér. ou arg.
A.— Emploi trans., vx. Pendre quelqu'un, quelque chose à une branche d'arbre ou à un gibet. Faire brancher un brigand au premier arbre (Ac. 1798) :
1. Au seizième siècle, au Luxembourg, on rôtissait les initiés dans des cages de fer; le siècle suivant, en Allemagne, on les branchait, vêtus d'une robe de paillons, à des poteaux dorés; maintenant qu'on leur fiche la paix, ils deviennent fous!
HUYSMANS, Là-bas, t. 1, 1891, p. 137.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. généraux.
P. méton., vx, rare. Tenir attaché (à un gibet). Les croix qui branchent les deux larrons.
B.— Emplois réfl.
1. [Le suj. désigne un oiseau] Se percher sur une branche. Terre giboyeuse où craillent le soir les faisans qui se branchent (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 26).
2. Vx, rare. Se pendre à un arbre :
2. Et pour conclure il verse à tous
Un peu du fiel de son vieux cœur
Moisi de haine et de rancœur;
Et désigne le rendez-vous, — Quand ils voudront — au coin des bordes,
Où, près de l'arbre, ils trouveront
Pour se brancher un bout de corde.
VERHAEREN, Les Villes tentaculaires, 1895, p. 29.
C.— Emploi intrans.
VÉN. [Le suj. désigne un oiseau] Se poser sur une branche, d'arbre ou d'arbuste, le plus souvent pour y passer la nuit. [Les dindons] branchaient dans l'arbre, près du portail (POURRAT, Gaspard des Montagnes, À la belle bergère, 1925, p. 6).
P. anal. [Le suj. désigne une pers.] Être haut perché. Un mousse branché sur une vergue (Ac. 1798) :
3. ... on n'aurait aucune idée de ce qui se passe, sans deux ou trois petits drôles branchés dans un gros platane...
A. DAUDET, Tartarin sur les Alpes, 1885, p. 268.
P. métaph., arg. Être branché (en garni). Loger dans un appartement meublé (sans doute au dernier étage). ... je commence à en avoir assez de déménager pour changer de puces. Et puis, ce n'est pas tout ça : je m'embête d'être branché en garni (E. et J. DE GONCOURT, Germinie Lacerteux, 1864, p. 224).
Rem. 1. Attesté dans LARCH. Suppl. 1880, FRANCE 1907, Ch.-L. CARABELLI [Lang. pop.], LA RUE 1954. 2. L'inf. peut être substantivé et signifie pour un oiseau le fait de se poser sur une branche. Tirer le coq au brancher, le brancher du faisan.
II.— Emplois usuels
A.— Emplois trans. [L'accent est mis sur la mise en contact, la communication].
1. TECHNOL. [P. réf. à la branche qui se divise, se ramifie tout en restant conductrice d'une même sève] Rattacher une ou plusieurs divisions d'une canalisation à une installation principale pour conduire un fluide jusqu'à un poste d'utilisation privé. Brancher des conduites d'eau. Synon. raccorder :
4. Il arrive fréquemment qu'on ait à prolonger une canalisation, ou à brancher une conduite secondaire sur cette canalisation, celle-ci étant en charge et devant rester toujours en service.
Y. QUÉRET, Manuel de l'industr. du gaz, 1923, p. 196.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe s. à partir de Lar. 19e.
2. P. anal.
a) ÉLECTR. Raccorder, à l'aide d'un circuit, un poste d'utilisation privé à une installation électrique principale. Brancher le téléphone.
Rem. Attesté à partir de Lar. 20e.
P. ext. Mettre sous tension un appareil électrique en introduisant la fiche dans la prise de courant. Brancher la radio, une lampe. Il l'aidait à disposer les coussins, à brancher une lampe de chevet sur la prise électrique (R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, L'Été 1914, 1936, p. 558).
b) TÉLÉCOMM. Brancher un abonné de téléphone sur son correspondant, sur un poste intérieur. Prendre les dispositions techniques sur le standard pour que le demandeur et le demandé puissent communiquer :
5. On forme un numéro, personne ne répond. Un autre numéro, silence! Un troisième numéro, le désert! Et voilà maintenant qu'un sinistre farceur branche la communication sur le vestiaire.
CAMUS, Un Cas intéressant, adapté de D. Buzzati, 1955, p. 688.
P. métaph., fam. Brancher qqn sur qqn ou sur qqc. Le mettre en relation avec une personne, le diriger sur un sujet, un problème au cours d'une conversation, d'un entretien. Brancher qqn sur un avocat, un docteur; brancher qqn sur une question d'actualité; brancher la conversation sur un sujet.
Arg., fam.
♦ [Absol. au passif; le suj. désigne toujours une pers.] Être branché. Être en état de réceptivité, de compréhension. Répétons, il n'est pas branché.
Rem. Attesté dans DUB., GILB. 1971.
Lang. amoureux. Être branché (ou se brancher) sur un homme, une femme. En être amoureux :
6. — Est-ce ma faute, dit alors Ricarda presque véhément, si cette femme a cessé de se brancher sur moi?
ABELLIO, Heureux les pacifiques, 1946, p. 356.
Rem. Attesté dans LE BRETON 1960, ESN. 1966.
B.— Emplois réfl. [P. réf. aux emplois trans. II A 1 et 2]
1. Rare [Le suj. désigne un inanimé concr.] Se diviser en plusieurs parties :
7. J'ai dans mon antichambre un portoir (...) au départ semblable au dos bombé et sinueux d'un coquillage, et qui se creuse, et se renfle, et ondule, et serpente, et se branche, et se termine en des tiges ornementales...
E. DE GONCOURT, La Maison d'un artiste, 1881, p. 16.
2. Fam. Se brancher sur un poste étranger, une émission. Mettre le poste de radio sur la longueur d'onde appropriée pour écouter l'émission désirée. [Les] millions d'auditeurs branchés sur la B.B.C. (CENDRARS, Le Lotissement du ciel, 1949, p. 34).
Au fig. Se brancher sur une question, un problème, etc. Y réfléchir et y consacrer son temps pour entrer en étroite communication :
8. Il y a des âmes de chrétiens qui savent se brancher sur les mystères de la Croix d'une façon à se faire passer mille frissons dans les moëlles au moindre dominus.
AYMÉ, Le Bœuf clandestin, 1939, p. 17.
PRONONC. :[], (je) branche []. Enq. :// (il) branche.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. a) 1re moitié XIVe s. fauconn. emploi subst. brancer « fait de se fixer sur une branche » (Entrée d'Espagne, éd. A. Thomas, 1440, t. 1, p. 56); 1510 intrans. et pronom. brancher « se percher » (J. Lemaire de Belges dans A. HUMPERS, Étude, Liège-Paris, 1921, p. 85); b) 1543 trans. « pendre » (Amadis, IV, 15 dans HUG.) [la date de 1510 — Carloix précise DAUZAT 1968 — donnée par la plupart des dict. étymol. est inexacte] considéré comme usité seulement ,,à la guerre & chez les Prevôts`` dep. 1690, FUR.; qualifié de ,,fam.`` dep. 1762, Ac.; de ,,vieux`` dep. 1845, BESCH.; 2. 1562 « se diviser en branches (d'un arbre) » (DU PINET, Pline, XVI, 10 dans GDF. Compl.) — fin XVIe s. dans HUG.; av. 1755 « id. (d'une famille) » (ST-SIM. 81, 53 dans LITTRÉ), qualifié de ,,vieilli`` dans Lar. 20e; p. ext. 1863 technol. (LITTRÉ); 3. 1895 « mettre en relation » (HUYSMANS, En route, p. 252).
Dér. de branche; dés. -er.
STAT. — Fréq. abs. littér. :18.
BBG. — MAT. Louis-Philippe 1951, p. 305. — SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 122.

brancher [bʀɑ̃ʃe] v.
ÉTYM. 1510; brancé, n. m., « fait de se percher », déb. XIVe; de branche.
———
I V. intr. ou pron. || (Se brancher). Se percher sur les branches d'un arbre. || Le faisan, la perdrix branchent, se branchent.
1 Dans le brouillard immobile qui pleure aux arbres, ils (les chats-huants) se branchent et chantent.
Colette, la Paix chez les bêtes, Chats-Huants.
Au participe passé :
1.1 (…) pourvu que tu t'empares de l'animal, qu'importe si c'est par ruse ou par force ? Tu peux le poursuivre ou l'attendre, l'affûter, le tirer posé ou branché, le prendre au gîte.
Bernanos, Monsieur Ouine, in Œ. roman., Pl., p. 1386.
———
II V. tr.
1 (1543). Vx. Pendre (qqn) à une branche ou à un gibet. || Brancher un voleur.
2 Vx. Diviser en plusieurs parties. || Brancher une famille.
3 (1863). Mod. Rattacher (une conduite, un circuit secondaire) à une canalisation, à un circuit principal. || Brancher des conduites de gaz sur le réseau urbain. || Brancher le téléphone. || Votre téléphone, votre appareil est branché, vient d'être branché.Par ext. || Brancher une maison sur le tout-à-l'égout. || Je suis directement branché sur le ministère. || « Allô ! l'hôpital Cochin ? On le brancha au moins sur quatre services différents » (G. Simenon).
Mettre momentanément en communication (un circuit secondaire) avec un réseau principal. || Brancher une lampe, un aspirateur, un poste de radio, un poste téléphonique.
2 Il l'aidait à disposer les coussins, à brancher une lampe de chevet sur la prise électrique.
Martin du Gard, les Thibault, t. VII, p. 209.
Par métaphore :
3 Un enfant n'aurait pas la force de pousser une locomotive : il peut cependant la lancer s'il ouvre le bon robinet. Branchez votre volonté au bon endroit et vous serez le maître du monde.
A. Maurois, les Discours du Dr O'Grady, XIV, p. 145.
Pron. || Se brancher sur…
4 Fig. || Brancher (qqn, qqch.) sur (qqch.) : orienter, diriger. || Brancher la conversation sur tel sujet.
4 Je branche la dame sur la mode et les potins littéraires, je décapite son paquet, j'offre du feu; et la fourrure de cette bonne fée embaume l'atelier, et je respire de tout mon nez, volant au grotesque et à la misère quelques secondes parfumées.
A. Sarrazin, la Cavale, p. 229.
Pron. || Se brancher sur un sujet.
5 (V. 1960). Fam. (mot à la mode; langage des jeunes). Intéresser vivement, mettre en communication psychique. || Est-ce qu'il t'a branché ?, mis au courant, intéressé au problème.
Passif (plus cour.). || Être branché sur qqch., en relation d'intérêt. || Il est pas branché sur le jazz.Être branché sur qqn, avoir un intérêt affectif pour.
(Sujet n. de chose). Concerner, être important pour… || « La musique, c'est fantastique parce que ça branche les jeunes, c'est le seul spectacle encore possible » (le Nouvel Obs., 16 oct. 1978).(Sujet n. de personne). || Il, elle me branche.
——————
branché, ée p. p. adj.
(Au sens I). → ci-dessus, cit. 1.1. — (Au sens II). || Voleur branché, pendu.Conduite branchée. || Téléphone branché.
Conversation branchée sur un sujet.
Fam. (au sens II, 5). Intéressé, mis au courant et concerné.
5 Si « branchée » que soit la jeune journaliste noire, elle n'a cependant pas eu le temps de voir venir un monsieur qui, en très peu de temps, s'est imposé comme une super-star.
Ph. Koechlin, in le Nouvel Obs., 15 janv. 1973, p. 16.
6 Les homos, eux, au moins, se foutent complètement de ce que je peux penser ou écrire. Puisque je suis de l'autre côté, pas branché, donc bloqué, donc insignifiant (…) Genet ? Non ? Ah, bon.
Ph. Sollers, Femmes, p. 167.
(Choses). À la mode. Cf. Dans le coup. || Une discothèque branchée.
N. || Un branché, une branchée.
7 Le soir, avec quinze autres branchés, ils font les nuits de la MJC, au bar, avec musique à fond, bière et joints, ils dérangent les réunions du Groupe des Femmes ou de la Semaine Homosexuelle avec leur son impitoyable, ils essaient de toucher des gens nouveaux mais le folk tient bon.
Actuel, févr. 1980, p. 59.
DÉR. (De II., 1.) 2. Branchage. — V. Branchement.
COMP. Débrancher.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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